Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Génération perdue (Minuit vingt)

Quand un ami de jeunesse meurt prématurément, même s'il n'était plus aussi proche qu'avant, il est inévitable de se souvenir et de se demander ce que l'on a fait de sa propre vie et quand on a commencé de trahir peu ou prou ses idéaux. C'est à ce moment précis d'auto-analyse que se trouvent les trois personnages principaux, et les narrateurs successifs de Minuit vingt. Un livre sombre, signé du jeune auteur brésilien Daniel Galera, dont il est probable qu'il recèle une grande part autobiographique. Le roman est relativement court mais très dense, surfant entre des flashbacks du passage au nouveau millénaire à 2014, d'une aventure collective d'une époque excitante à une réalité individuelle déprimante. Point de linéarité donc dans Minuit vingt où l'auteur brasse tout un tas de thèmes générationnels d'où sourd une inquiétude rampante, celle de la fin d'un monde et l'avènement d'un nouveau à moins qu'il ne soit qu'une préfiguration de l'apocalypse. Malgré de nombreuses digressions et une noirceur presque intégrale, le livre convainc et séduit en grande partie par sa sincérité et son honnêteté aussi douloureuse et parfois accablante soit-elle. Une radiographie d'une jeunesse perdue soit un thème assez rebattu mais renouvelé par le style délié et la pertinence de Galera, indubitablement doué pour questionner l'air du temps et l'évolution de la société brésilienne (à l'heure des élections dans le pays, le roman n'en est que plus congru et lucide).

 

 

L'auteur :

Daniel Galera est né en 1979 à Sao Paulo. Il a publié Paluche et La barbe ensanglantée.

 



06/11/2018
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